03/09/2007

D'humeur très bizarre

Aujourd'hui, je me sens très étrange.

Hier, j'ai fini un livre dévoré en deux jours ou presque (fait rare chez moi) : L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbéry. Et j'ai bien du mal à m'en défaire, croyez-moi.

Ce livre est assez connu donc vous l'avez peut-être déjà lu, pour ma part j'ai vraiment beaucoup aimé.

Je ne vais pas dire adoré : quand un livre vous touche à ce point, on n'a même plus envie de le juger, de le jauger, ou même de dire ce que l'on a aimé. On a juste envie de dire aux gens de le lire.

 L'histoire est très simple (mais les réflexions qui s'y déploient sont d'une infinie richesse) : Renée est concierge dans un immeuble parisien friqué. Et Renée est dotée d'une culture monumentale doublé d'un sens de l'observation renversant, bien qu'elle tente de faire croire l'absolu contraire aux habitants de son immeuble pour les conforter dans leurs préjugés.

Dans le même immeuble, Paloma est une fillette de 12 ans, elle aussi extrêmement intelligente, observatrice et mûre.

Et ce livre présente grosso modo leurs journaux intimes qui s'entrecroisent.

Eh bien, mes amis, je l'ai fini hier et je ne m'en suis toujours pas remis. Je suis triste d'avoir quitté les personnages, je me suis posé plein de questions sur moi-même, j'ai beaucoup rigolé à certains moments, j'ai été ému à d'autres... (Oui c'est banal mais pour une fois c'est vrai)

 Parce que, même si ce roman est saturé de références culturelles et écrit dans une langue aussi exigeante que maîtrisée (deux points que j'ai trouvés ici jouissifs), il conserve l'essentiel, une humanité et une sagesse aussi dures que désarmantes, sans tomber le moins du monde dans le sentimental.

 

Alors, que les Inrocks  n'aiment pas, j'en ai franchement rien à foutre. Surtout ne lisez pas leur critique de ce livre, ça risquerait d'entamer votre appétit de lecture. En gros : ils reprochent au livre d'être snob et caricatural, ce qui est un comble quand on sait que

1. Les Inrocks sont quand même de beaux spécimens de snobisme quand ils s'y mettent (vous pouvez ne pas être d'accord bien sûr, et c'est peut-être injuste, mais j'avais besoin de le dire, ça me fait du bien... Que ceux qui aiment les Inrocks n'en prennent surtout pas ombrage, et aucun rapport avec les commentaires récents où il en est question par coïncidence) 

2. Ce roman part de situations simples - mais non pas caricaturales - pour mettre en oeuvre une finesse d'observation renversante et une justesse devant laquelle je m'incline. C'est même son rapport à la simplicité, au calme, à la beauté qui me touche le plus dans ce livre, dont l'auteur est d'ailleurs (c'est explicite mais on le sent de toute façon) pétrie de culture japonaise.

Oui, quand je suis touché par un livre, ça m'énerve de lire des critiques si désespérément négatives... Peut-être orientées par le fait que ce livre est un succès de librairie et qu'un succès de librairie, de cinéma etc., c'est MAL. J'ai retiré énormément de choses de ce livre et ça me semble l'essentiel.

Voilà, ça me paraît un peu creux que je vous dise tout ça si vous n'avez pas lu le livre, mais si je vous en disais plus ça gâcherait un peu la découverte. J'espère au moins que ça vous donnera envie de le lire ;-)

C'est aussi l'occasion de vous faire découvrir un blog que je suis depuis quelque temps et que j'aime beaucoup : Le blog des livres. C'est lui qui m'a donné une de lire ce livre ;-)

24/04/2007

Après les 10 chansons, les 10 livres

Ben miss Janet m'a épinglé pour lister mes 10 livres préférés. Je vous ai donc fait une chtite liste commentée de derrière les fagots, bande de veinards. 

And ze winners are : 

Herman Melville, Bartleby

Craig Thompson, Blankets. Une BD lumineuse (à découvrir absolument si vous aimez Satrapi ou Spiegelman, et... si vous écoutez Arcade Fire)

Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société. À déconseiller formellement en cas de déprime.

Baudelaire, Les Fleurs du Mal. Bon je sais, c'est convenu mais j'assume.

Joseph Conrad, Heart of Darkness. (et quand on pense que Conrad n'avait appris l'anglais que sur le tard...)

Paul Auster, Moon Palace (mais bon Leviathan c'est génial aussi).

Berard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton. Un dialogue enflammé et complètement surréaliste entre un dealer et un client la nuit. (mention spéciale pour la mise en scène de Chéreau avec Pascal Greggory et Chéreau lui-même).

Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue.

Pierre Michon, Vies minuscules. Un livre vraiment incroyable, impressionnant, et étrangement assez peu connu. (Pourtant il date des années 80)

Osamu Tezuka, Kirihito. (Mais en fait de Tezuka, il y a au moins 7 ou 8 autres mangas géniaux, pêle-mêle Black Jack, Metropolis, Phénix, Barbara, l'Histoire des trois Adolf... qui auraient eu leur place ici). 

Voilà, j'aurais bien mis aussi les Misérables, d'autres Zweig, Le Parfum, un recueil de Reverdy, Quartier lointain de Taniguchi, tous les Roald Dahl et puis les Harry Potter aussi... et surtout 1984. Mais y avait pô la place.

 ...

Snif, je l'aurais bien mis quand même tonton Dahl.